Le quartier Plessier : l'histoire d'une reconversion
Cette caserne militaire se composait de 39 258 m² de bâtis répartis sur 17,8 hectares de terrain. Elle employait 191 militaires de carrière, auxquels s’ajoutaient les 755 appelés du contingent. Les militaires et leur famille représentaient 1000 à 1100 personnes soit 23% de la population altkirchoise.
Le départ de ce régiment il y a quinze ans a profondément frappé l’économie de toute une ville et marqué la mémoire de ses habitants : dévitalisation du centre-ville, baisse de la population, perte de chiffre d’affaires et fermeture de nombreux commerces… Face à un désastre annoncé, les élus ont réagi : grâce notamment à la volonté du Député-maire Jean-Luc Reitzer qui a su mobiliser l’ensemble des acteurs locaux et partenaires, le site du Quartier Plessier est devenu en quelques années une zone d’activités dynamique et exemplaire.
Quelques dates marquantes
- Le 16 avril 1992, le Ministère de la Défense décide de dissoudre ce régiment militaire et de vendre le quartier Plessier
- En 1993, le District d’Altkirch, prédécesseur de la Communauté de Communes d’Altkirch, fait appel au cabinet d’étude MRAI (Mission pour la Réalisation d'Actifs Immobiliers)pour réaliser une étude de faisabilité.
- Le 27/06/1994, la reconversion joue la carte de l’intercommunalité puisque 90% de la zone se situait sur le territoire de la commune voisine. La collectivité devient donc propriétaire et instaure, à cette même date, un dispositif incitatif fiscal : la Taxe Professionnelle de Zone (taxe de 5% au lieu de 21% sur Altkirch).
- Le 20/03/1995, le Conseil Communautaire poursuit sa démarche incitative auprès des entreprises en autorisant une exonération temporairement de la TPZ pour une durée de 5 ans.
- Le 26/10/1995, deux ans à peine après la dissolution de la caserne militaire, la Communauté de Communes d’Altkirch, achète la friche pour une somme, après négociation, de 3,2 millions d’euros.
- En 1996, l’entreprise Domena, fabriquant d’appareils à vapeur, s’installe au sein de cette zone d’activités. Cette implantation a eu un impact fort sur le développement du quartier, en impliquant de nouvelles entreprises sous-traitantes et en créant près de 260 emplois.
Quelques chiffres
Suite à la dissolution du 8e régiment du Hussards :
- Perte de 191 militaires de carrière et 755 appelés du contingent, soit une perte de 20% de la population altkirchoise,
- Perte de 5,3 millions d’euros de chiffres d’affaire pour les commerçants,
- Près de 200 élèves en moins dans les écoles.
La réhabilitation du quartier Plessier :
- 18,5 millions d’euros investis dans la réhabilitation du quartier Plessier,
- Plus de 6,5 millions d’€ de subventions ont été reçues pour ce projet,
- 700 000 € de loyers reçus chaque année,
- Plus de 50% du patrimoine bâti appartient à la Communauté de Commune,
- 15 bâtiments relais, 2 pôles tertiaires, 1 hôtel d’entreprises et un autre en projet.
Visite du Ministre de la Défense Hervé Morin le 15 avril 2008 à Altkirch dans le cadre de la réforme de la carte militaire.
Ils en ont parlé….
Méthodologie de la reconversion de quatre sites industriels et militaires.
Immobilier et territoire Conseille – SOFRED – KERN Architecture-Urbanisme. MRAI – DIRD, Septembre 2005.
Patrimoine reconverti, du militaire au civil.
Editions Scala et Ministère de la Défense, Paris, 2007. « Le Quartier Plessier à Altkirch (Haut-Rhin) » p 130 à 137.
Challenges n°129 – La France peut-elle sauver l’Europe ?
Juin 2008. Stratégie : « Altkirch a rendu les armes de façon exemplaire » p : 60 et 61
Bulletin des élus locaux n°242
Novembre 2008. Gestion locale : Initiatives locales. « Altkirch, il y a une vie après l’armée ! » p 26 et 27.